Charlène
l'archéologue
posté le 03/08/07
Au
sein de la communauté scientifique et tout
particulièrement dans le milieu très
fermé de l'archéologie, personne n'a
oublié Charlène. Une jeune archéologue
qui disparu sans laisser de trace sur un chantier
de fouille situé dans les Hautes Tatras Slovaques.
Rêveuse,
discrète et passionnée, Charlène
avait une figure absolument angélique et
son tempérament lunaire lui conférait
une fragilité qui faisait littéralement
fondre les hommes de bonheur et d'envies.
Elle était membre d'une petite équipe
d'archéologues envoyée dans cette
région austère pour examiner un site
fort intéressant : on avait découvert
au fond d'une moraine des ossements humains très
anciens. Après que l'équipe ait procédé
à la mise à jour des vestiges d'un
modeste campement, Charlène s'était
aussitôt mise au travail pour tenter d'exhumer
les restes d'un sujet masculin d'une trentaine d'années
environ, vraisemblablement un chasseur nomade du
paléolithique. Charlène paraissait
plus préoccupée qu'à l'ordinaire.
Depuis quelques jours qu'elle s'affairait, ses collègues
avaient constaté chez la jeune femme une
ardeur inhabituelle et un étrange empressement.
Un jour, alors que ses compagnons étaient
redescendus au bivouac situé en contrebas,
elle veilla bien après la tombée du
jour. Elle était, selon les déclarations
de ses collègues, extrêmement fébrile
ce soir-là. Son patient travail d'excavation
touchait à sa fin et la mise à jour
du crâne du chasseur n'était plus qu'une
question d'heures. Personne n'avait pu, dès
lors, la convaincre de remettre sa tâche à
plus tard et elle était restée seule
dans la pénombre nocturne du chantier.
Lorsqu'ils revinrent sur le site le lendemain, Charlène
avait disparu. Après de longues recherches
infructueuses dans la montagne, la police locale
fini par conclure que Charlène avait été
victime d'un maniaque. Les détraqués
sont nombreux dans ces régions reculées
des Carpates et la consanguinité donne parfois
naissance à des êtres particulièrement
sadiques. Pourtant, une autre hypothèse circule,
beaucoup moins tangible. Les études postérieures
à la disparition de Charlène révélèrent
que le corps qu'elle avait exhumé était
en fait, celui d'un chaman.
Dans les temps préhistoriques, à l'époque
lointaine où l'homme n'avait pas encore domestiqué
la nature, les sociétés humaines croyaient
aux forces mystérieuses des esprits et voyaient
le surnaturel dans toutes choses. Le chaman était
un être complexe, un guérisseur, un
sorcier qui possédait des pouvoirs étranges.
Or, l'expression corporelle et l'état psychique
de Charlène la veille de sa disparition s'apparentait
à une véritable transe. Son état
d'excitation était tel, selon les dires de
ses collaborateurs, qu'il leur était apparu
tout à fait anormal. Le mystérieux
squelette gisant à ses pieds semblait susciter
chez elle, rien moins que le sentiment amoureux
! Alors ? L'esprit du Chaman avait-il pu, par delà
les 15 000 ans qui les séparaient, prendre
possession de son corps afin de hâter sa propre
libération ? Les formes gracieuses de Charlène
l'avaient-elles séduit au point qu'il l'emporte
à jamais dans les limbes insondables de l'espace
et du temps ?
Je ne voudrais pas me hasarder à des conclusions
trop fantaisistes et je vous laisse juge de cette
étrange affaire. Mais je peux d'ores et déjà
vous annoncer que cette histoire à haute
teneur romantique fera prochainement l'objet d'une
chanson.
Retour
au sommaire
>
|